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Le trouble d'opposition

  • Photo du rédacteur: Cécile Hontoy
    Cécile Hontoy
  • il y a 8 heures
  • 2 min de lecture

Hemrick n’est pas son vrai nom. C’est un nom d’emprunt. Mais son histoire, elle, est bien réelle.


Hemrick a 12 ans, et il est profondément malheureux.


Son mal-être ne dépend pas d’un lieu précis. Il est là, partout. À la maison de son père comme à celle de sa mère. Peu importe où il se trouve, le sentiment reste le même : une lourdeur constante, difficile à expliquer, encore plus difficile à porter.

Il y a pourtant des moments où quelque chose s’ouvre en lui. Quand il s’occupe de ses petits frères, par exemple. Dans ces instants là, il se sent utile, un peu plus à sa place. Mais ces occasions sont rares. On ne lui fait pas vraiment confiance. Et il le sait.


Hemrick reconnaît qu’il a brisé cette confiance. Celle de ses parents, entre autres. Il ne le nie pas. Mais ce qu’il n’arrive pas à expliquer, c’est pourquoi il agit ainsi. Il a l’impression d’être coincé, à l’intérieur comme à l’extérieur, comme si quelque chose en lui prenait le dessus sans qu’il puisse vraiment l’arrêter.


L’école n’est pas un refuge pour lui. C’est plutôt un endroit où ses difficultés deviennent visibles, mesurées, soulignées. Il y voit ses erreurs, ses retards, ses échecs. Son bulletin ne lui parle pas d’efforts ou de potentiel, mais de ce qu’il n’est pas, de ce qu’il n’arrive pas à être. Et peu à peu, il en vient à croire qu’il ne vaut pas grand-chose.


Comme beaucoup d’enfants de son âge, Hemrick essaie parfois de s’imaginer un avenir. Un jour, il s’est vu camionneur. Il se représentait sur la route, libre, solide, capable. Mais même dans cette image, quelque chose a basculé. Le camion s’est renversé dans un virage, à la frontière. Même ses projections d’avenir semblent lui échapper.


Depuis quelque temps, Hemrick a aussi des pensées plus sombres. Il lui arrive de s’imaginer mort. Ce ne sont pas des paroles qu’il dit facilement, mais elles sont bien présentes. Dans sa tête, une voix répète sans cesse “non”. Non à ses élans, non à ses intentions, même lorsqu’il voudrait faire autrement.


On lui a donné un mot pour expliquer ce qu’il vit : trouble d’opposition. Mais pour Hemrick, ce mot ne dit pas tout. Il ne dit pas la confusion, ni la fatigue, ni ce sentiment d’être en lutte constante avec lui-même.


Ce qu’il ne dit pas non plus, c’est à quel point il aurait besoin d’être compris et instruit du comment se sortir de sa terrible tension.


Derrière les comportements, il y a un enfant. Un enfant qui cherche sa place, qui voudrait faire autrement sans savoir comment, et qui espère, quelque part, que quelqu’un saura voir au-delà du diagnostic pour enfin lui tendre la main.


Cécile Hontoy, coache et mentore pour les enfants.


 
 
 

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